L’accident, ça n’arrive pas qu’aux autres.

J’ai commencé à pratiquer le vélo en compétition à l’EC Sartrouville en 1962. Plutôt mauvais et à classer parmi les ramasseurs de casquettes loin derrière le peloton il ne m’est arrivé qu’assez rarement de m’offrir une « gamelle ». Après cinq années durant lesquelles j’ai tout de même appris à maitriser mon vélo, puis un court arrêt, je me suis remis à mon sport favori en 1973 et j’ai adhéré à la FFCT en 1975 via le club de Sannois.
Fréquemment interrompu pour des raisons professionnelles qui m’amenaient à découvrir des horizons lointains, je n’en restais pas moins un cyclo fervent reprenant son destrier chaque fois que c’était possible, y compris un jour en plein mois de février à Stavanger en Norvège.
Des chutes, j’en ai fait quelques unes mais finalement assez rarement et toujours sans réelle gravité.

Depuis la retraite je suis devenu un acharné, sortant dès que le temps voulait bien le permettre, cumulant ainsi les kilomètres, au point de dépasser régulièrement les 10000 par an, en dépit d’importants ennuis de santé et persuadé que le vélo était bien le remède à ces ennuis, tant physiquement que moralement. J’ai donc ainsi atteint les 300 000 km, et même dépassé si je tiens compte des années de compétition, et je n’avais jamais eu à subir la collision avec un véhicule motorisé, bien que parfois, rarement heureusement, ça n’était pas passé loin.

L’accident
Mais en ce mardi 18 août, alors que je venais de faire une toute petite sortie de reprise après un lumbago particulièrement tenace, rentrant chez moi après quelques petites boucles dans le parc de Maisons, j’aborde le rond-point de la Ruine, à cinq cent mètres de mon domicile, Une voiture arrive de ma droite et je la vois ralentir nettement avec l’intention de s’arrêter. Habitué à passer par là et n’ayant aucun véhicule à ma gauche, je m’engage. Mais alors que je coupe la trajectoire de la voiture, je réalise soudain que cette voiture ne s’est pas réellement arrêtée et le capot est trop près et continue d’avancer doucement : le choc est inévitable !

Ensuite je reprends mes esprits sur une civière alors que les pompiers me mettent dans l’ambulance. J’entends une voix qui m’indique que le vélo sera à la police municipale, et une autre précisant que la vidéo a été visionnée et que la voiture ne s’est pas arrêtée. J’ignorais la présence de cette vidéo surveillance ! Et me voilà emmené à Poissy pour des radios, début d’une longue galère pour moi, parce qu’un automobiliste n’a pas voulu perdre quelques secondes à respecter vraiment la priorité. Je ne suis pas responsable de l’accident mais c’est bien moi qui en paie les conséquences. Bilan : clavicule et trois cotes fracturées.
A tous ceux qui parfois prennent des libertés et des risques je voudrais seulement rappeler que juste ces quelques secondes peuvent parfois coûter très cher.

rédigé par Jean-Marc Levecque