Du 30 avril au 3 mai 2016 – Aller à Saint Flour

Samedi 30 avril

Quand nous partîmes, c’était un samedi pluvieux et froid. Le rendez vous est à 8H30 devant les grilles du château de Maisons Laffitte. Il fait tellement gris, que même le héron de la place Marine s’est abrité. Les spectateurs n’étaient pas nombreux. Il y avait la femme de Max et celle de Jules venues encourager leur homme, Hugues le trésorier s’est emmitouflé par solidarité, et Jean-Marc a vérifié que nous avions bien les cartes nécessaires au trajet.

Dans tous les voyages, il y a deux choses difficiles, c’est faire les bagages, et le premier coup de pédale.

Les bagages, ils ont été déposés hier dans la voiture suiveuse de Régis. Ils ne sont plus une préocupation, si nous avons oublié quelque chose, il faudra compter sur les copains, ou sur la carte bancaire.

Nous procédons à la rituelle photo de groupe, et c’est parti pour le premier coup de pédale. Pour cela, il faut s’arrêter de bavarder,  poser le pieds sur la cale, appuyer fermement, et au premier clic le vélo avance.

Pendant cette journée de grisaille, il n’y aura pas beaucoup de photographies. Nous sommes mouillés, un peu frigorifiés, et il faut traverser une banlieue morose au milieu des voitures, bref, les quarante premiers kilomètres ne sont pas joyeux.

A Dourdan, la pluie s’est arrêtée, nous sommes presque secs, et nous retrouvons le café en face du marché que nous avions déjà fréquenté lors de notre voyage 2015 à Annecy. Il y a toujours autant de monde, le service est efficace, mais atteindre les toilettes à l’étage avec des chaussures de cyclistes humides reste un exercice périlleux.

Un peu plus tard, de nouveau casqués et imperméabilisés autant que faire se peut, nous voilà reparti. On pourrait croire que cette courte halte à l’abri , nous aurait réchauffé, en fait nous sommes plus gelés que jamais, et nous attendons avec impatience la première côte pour produire un peu de chaleur humaine. Evidemment, la pluie reprend. Heureusement les routes deviennent forestières même si elles restent désespérément rectilignes.

Comme il n’est pas possible de pique-niquer en plein air, nous nous abritons à la hauteur d’Etampes dans un restaurant rapide pas trop exigeant sur les consommations hors sac. Après ces agapes, nous revoilà repartis vers Pithiviers notre première étape. La route est plate, le vent dans le dos, et le clocher de la cathédrale nous interpelle largement avant notre arrivée.

Alain, qui s’est dévoué pour être notre « tour-opérateur » a déjà réservé le gite et le couvert. L’hôtel est vite trouvé, les vélos sont rangés dans la cabane au fond du jardin, les bagages sont déchargés, et les cyclistes nettoyés et séchés.

Après ces opérations d’intendance indispensables, nous partons rejoindre la famille d’Alain dans un bar de la ville et manger un pithiviers acheté dans la meilleure boulangerie. Le cousin Robert en l’honneur de sa fête nous offre l’apéritif.  C’est donc secs et joyeux que nous partageons notre repas avec la « frangine » avant d’aller dormir dans notre lit du jour.

Bilan cycliste de la journée : 120 kilomètres de routes mouillées et 1000 mètres de dénivelés.

1er mai.

Il fait beau. Nos habits et chaussures ont séchés, mais nos vélos sont à débarbouiller. Après une toilette minimale mais indispensable de nos montures, nous partons rejoindre le parcours de la Loire à vélo. Le soleil brille, le vent du nord qui nous pousse si gentiment garde les températures fraîches. La journée s’annonce merveilleuse. La route est plate, les vélos filent sans a coup, et le peloton reste groupé. A Sully sur Loire, nous prenons notre café de la matinée, une photo devant le chateau et de bonnes résolutions.

Max qui a déjà parcouru les lieux nous incite à monter sur la levée de la Loire. Nous dominons le fleuve à gauche, et les champs à droite. S’il n’y avait pas les cheminées d’une centrale nucléaire à l’horizon, on pourrait se croire à la campagne. Edouard et Serge observent la faune au sol comme au ciel. Il y a des lièvres primesautiers effectuant un joyeux ballet nuptial autour de leurs belles, des rapaces de toute obédience surveillant les champs en quête de mulots et autres petits animaux. Bref, c’est le bonheur du cycliste.

Le soleil nous autorise un pique nique en bord de Loire un peu avant Gien.

Pendant ce temps, Régis visite l’abbaye de Saint Benoit, l’église de Fleury et l’intérieur de chateau de Sully.

Ensuite, Max qui n’est pas en reste de connaissance sur la région, nous fait découvrir le pont-canal de Briare. Construit à la fin du XIXéme siécle, il rappelle par le style de ses décorations le pont Alexandre III à Paris. Cette originale construction permet à de petites péniches de traverser le fleuve sans s’inquiéter des crues et des courants de la capricieuse Loire. Cet ouvrage de 667 mètres de long, est resté jusqu’en 2003, le plus long pont-canal du monde (voir article Wikipédia sur le pont canal de Briare).

Bien sur, nous profitâmes non seulement du pont, mais aussi d’un petit café hospitalier. S’il n’y avait pas eu Magali qui a eu peur du vent pour traverser, nous aurions presque pu conserver notre moyenne.

Notre bucolique promenade se poursuit en bord de Loire, alternant pistes cyclables goudronnées, et chemin de halage aux fins gravillons. ça avance à peu près groupé, jusqu’à Beaulieu. Mais la révolte gronde dans le peloton. François craint pour ses pneus. Magali craint pour son poignet. Et brusquement, alors que Max a négligé une route à droite ramenant vers la départementale, Magali suivie de Jules et François décide de quitter les pistes de la Loire à Vélo, pour rejoindre la route D955 au revêtement plus lisse. Serge et Alain pris de court ne savent quels pelotons choisir. Le groupe est divisé entre partisans des bords de Loire, et tenant du macadam. Ceux au tempérament résolument bucolique, et ceux qui craignent la crevaison.

Ensuite, il y aura une deuxième scission, ceux qui montent à Sancerre, et ceux qui n’en ont pas le courage. Les grimpeurs sont récompensés d’un verre de rouge en terrasse et une assiette de fromages de chèvre. Pendant ce temps, Jules accompagné de Magali et François retrouvent à Saint Satur Michel, un ex-collègue de Sartrouville qui s’est installé dans la région. Enfin, une troisième équipe composée d’Edouard et Alain se retrouve sur une route à quatre voies en dépassant par inadvertance notre étape de la Charité sur Loire. En cette circonstance inusitée, Edouard fait preuve d’un flegme quasi britannique, et Alain d’un souci légitime.

Pour les cyclistes, comme pour les gaulois, la journée se termine toujours par un banquet, où Max pas rancunier, nous a fait partager les crottins de Chavignol acquis sur la colline de Sancerre et Thierry notre yoyo du Mesnil le roi nous rejoint.

Bilan cycliste de la journée : de 160 à 165 kilométres parcourus selon les équipes, et un dénivelle d’à peine 600 mètres, pour ceux qui ne sont pas montés à Sancerre.

Lundi 2 Mai,

Le ciel est toujours bleu, le vent souffle toujours du nord, et la troupe comporte maintenant neuf cyclistes.

Les vélos n’ont besoin que d’un petit coup de plumeau et de pompe, et nous voilà repartis chacun munis de nos sandwichs du midi pour rejoindre Saint Loup dans l’Allier à quelques encablures de Saint Pourçain.

Toute la matinée, nous continuons à suivre la Loire, puis l’Allier toujours propulsés par un zéphyr favorable. Les oiseaux continuent à nous survoler, les champs de colza à polliniser, ceux de blé à verdoyer, et la Loire à scintiller.

Nous faisons une courte halte à Apremont sur Allier (un des plus beaux villages de France) où nous prenons en compagnie de Régis un café dans le jardin du chateau. Nous repartons de cet agréable village aux alentours de midi, décidé à trouver une vingtaine de kilomètre plus loin un lieu bucolique où déjeuner.

En fait, nous nous installons sur un parking à Le Veudre pour un inconfortable pique-nique, et ensuite nous devons attendre 35 kilomètres pour prendre le café. Les villages français sont décidément de moins en moins hospitaliers. Ils se succèdent, sans que  l’ombre d’un bar ou d’une épicerie ouverte n’apparaisse.

Finalement, c’est en face de la belle église de Saint Menoux que nous trouvons enfin notre bonheur. Nous nous fournissons en friandise locale, et prenons garde pendant la visite de l’église de cogner notre tête dans le débrédinoire, qui peut selon la légende s’il est bien utilisé guérir les simples d’esprit, ou en cas de fausse manoeuvre donner à l’utilisateur la maladie de ceux qui ont été guéris antérieurement.

Nous sommes maintenant dans le Bourbonnais, et la route commence à s’élever progressivement.  Nous faisons une halte rapide devant la magnifique église de Savigny. Et nous rejoignons Saint Loup et son hôtel au bord de la nationale 7. Les quelques malheureux avec chambre sur nationale et sommeil léger se prépare à une nuit agitée.

Bilan cycliste de la journée :  125 kilomètres seulement, mais quasiment 900 mètres de dénivellés.

Mardi 3 mai.

Ce matin, le temps est à la pluie et le trajet prévu devrait nous amener à rouler quatre kilomètres sur la nationale 7, qui est une route à quatre voies. A part Edouard qui n’a peur de rien, le reste de la troupe plus pusillanime décide de contourner l’obstacle.

Mais nous ne prenons pas assez de temps pour réfléchir à notre trajet, et après une dizaine de kilomètres sur les routes parcourues la veille, nous nous retrouvons sur la D10, qui est une départementale qui n’a que deux voies, mais est fort fréquentée. Bien entendu, pour que la galère soit totale, la pluie s’ajoute aux roulements des camions et aux frôlements des voitures.

Nous arrivons à Saint Pourçain à presque 10h30 du matin, Régis nous avait passés aux objets perdus, il  ne comprend pas qu’il nous ait fallu tant de temps pour franchir 10 petits kilomètres, car il ignore notre détour qui a doublé la mise. Une petite photo au centre de la ville, et nous voilà reparti pour Gannat.

Il fait froid et humide aujourd’hui. Pour nous réchauffer, nous cherchons refuge dans un bar, mais à cause des travaux dans la ville, Régis ne peut nous rejoindre avec la voiture. Finalement, après que Régis ait fait trois tours de ville, et quelques conciliabules plus ou moins nerveux, nous pouvons apprécier le pique nique fourni par l’hôtelier de Saint Loup sur le champ de foire. Il fait toujours un peu frais, mais il y a une table et des bancs, et le soleil commence à se montrer. Ensuite il nous reste encore 60 kilomètres  assez tranquille avant que la route ne s’élèvent franchement jusqu’au col de la croix des gardes (altitude 660 mètres). Tranquille ne veut pas dire totalement plan, il y a quelques sévères coups de cul, où Thierry joue les ludions en montant et descendant sans faillir tant que le dernier ou la dernière de la troupe n’a pas franchi la bosse. De cette pratique encourageante ou pas, lui vient le surnom de « Yoyo mesnilois » ou « abeille bourdonnante » selon l’humeur et la forme.

La dernière ascension se déroule en deux temps. Après la première partie, nous sommes arrivé à Vic le Comte, et Magali affirme à Edouard de manière péremptoire que nous sommes au sommet, malheureusement il manquait encore presque 200 mètres d’ascension. Par chance, Edouard n’est pas rancunier, et la pente n’était pas trop forte.

Comme chacun le sait, derrière chaque bosse, se cache une belle descente. Nous terminons la journée dans l’ivresse de la vitesse (sauf Magali, qui fait chauffer ses freins).

A Sauxillanges, nous pourrions nous croire à la montagne avec sa côte dans la rue principale, ses immeubles de pierre et son église ajourée. Il fait beau, la terrasse est accueillante, et la bière fraiche.

Bilan cycliste de la journée : 130 kilomètres et 1360 mètres de dénivelles.

Mercredi 4 mai

C’est parti pour l’étape la plus courte de nos cinq jours de périple, plus courte mais pas forcement la plus facile. Le soleil est de retour. Les pneus sont gonflés et les cyclistes sustentés quand nous partons à plus de 9h15 vers notre destination finale. Il faut reconnaître que ce petit voyage, c’est les vacances. Alors qu’à partir du mois d’avril, nous nous regroupons dés huit heures pour nos vivifiantes sorties de la matinée, nous profitons du faible kilométrage planifié pour prendre notre temps au petit déjeuner, sans oublier de nous pomponner ainsi que nos montures. François en particulier prend grand soin de ses roues y pourchassant le moindre gravillon.

Bref, nous voilà parti. Sur le road book ça a l’air plat au départ, mais en fait nous enchainons les montées et les descentes jusqu’à Allagnon. A partir de là, la route longe agréablement la rivière. Nous croisons une dizaine de 2CV magnifiquement entretenues et décorées : un Marsupilami pour l’une, des casiers à bouteilles et autres cageots vintages pour l’autre, peintures psychédéliques pour la troisième, bref un petit musée roulant de la voiture vedette des années 60.

Après les 2CV, nous rencontrons également quelques cabriolets.  Mais, il ne faudrait pas croire qu’il y a une circulation importante dans cette vallée, en réalité en plus d’une vingtaine de kilomètres nous n’avons pas croisé plus de trente voitures, et deux engins de travaux.

Nous faisons un petit détour pour visiter Blesle, le pittoresque «beau village de France » de la vallée. Il y a des maisons à colombages, des fenêtres à meneaux, un magnifique portail d’église, et un rempart qui date de la période moyenâgeuse où ce village était une ville et un riche centre conventuel.

Nouvel arrêt en terrasse à Moissac pour un petit café- verre d’eau- menthe à l’eau- chocolat-bière avant d’attaquer les choses sérieuses et l’ascension du col de la Fageole (1134 mètres).

Comme il n’est pas question de nous laisser abattre, nous trouvons un coin à pique-nique fort agréable et abrité du vent à 250m du point culminant de notre randonnée.

Au sommet, comme à chaque sommet, nous ne manquons pas de nous féliciter de cette ascension, des beaux paysages bien mérités, du soleil et pour finir nous prenons l’inévitable photo preuve et souvenir de notre exploit.

Il ne reste plus qu’à dévaler jusqu’à Saint Flour. Enfin dévaler, encore une fois dans le cas de Magali, c’est un bien grand mot, car malgré une route lisse, large et sans virage elle réussi à ne pas dépasser les 45/50 km/h là où tous ses compagnons de voyages ont atteint sans forcer 60 à 65 (voire plus, mais ils ne l’ont pas avoué).

Arrivé à Saint Flour, la bière se mérite, l’hôtel n’est pas complètement en haut de la ville, mais tout de même à l’issu d’une dernière ascension avec une pente entre 6 et 8%.

Notre hébergement du jour, est un gigantesque et majestueux bâtiment du XVIIIéme. Il fut  le   grand séminaire de l’évêché de Saint Flour. Il nous offrira gites et couverts pour les quatre prochaines  nuits.

Nous retrouvons nos compagnons de week-end. Sylvie et Jean-Marc ont hâte de  frotter leurs pédales aux pentes auvergnates.  Jules et François retrouve avec plaisir leur épouse Gisèle et Geneviève, et nos organisateurs auvergnats Alain et Michel nous rejoignent également pour le repas vespéral.

Bilan cycliste de la journée : 82 kms, 1202 mètres de dénivelés.

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