Voyage à Vélo dans les Pouilles

Avec Sylvie V…, nous avons décidé en janvier de nous organiser au mois de mars, un voyage dans le sud de l’Europe. Comme nous avions eu un projet avorté fin 2014, c’est sur les Pouilles que c’est jeté notre dévolu. Voici le compte rendu de nos aventures

Dimanche 13 mars

Pour commencer nous avons pris l’avion à Beauvais pour Bari. Ryan Air en cette saison est la seule compagnie qui permet un vol direct.

Arrivée à Bari vers 16h30, nous prenons un bus local. c’est curieux, nous demandons où doivent s’acheter les billets, la réponse est dans le bus, donc nous ne paiyons pas avant de monter, mais le chauffeur vous annonce qu’il ne prend pas d’argent. Le bus n’est pas du dernier modèle, mais il roule, et les autochtones sont sympas, et nous précisent comment rejoindre notre hôtel. A l’arrivée à la Station de train, il faut reprendre un autre bus, le 20/ , ne pas oublier le « / » sinon ce n’est pas le bon, et avec l’aide du chauffeur qui nous a déposé au bon carrefour, et du sens de l’orientation miraculeux de Sylvie, nous sommes arrivées sur une petite placette avec notre « B&B ». Le lieu est confortable, il y a une entrée, une chambre et une cuisine avec cafetière Expresso, un réfrigérateur avec yaourt, des fruits frais sur la table, des biscottes et à 8h du matin, l’hôtesse nous annonce un service de livraison de viennoiseries fraiches. ça commence bien les vacances.

Après avoir déposé nos valises, nous faisons une petite visite nocturne du vieux Bari. La vieille ville est piétonne, et nous nous égarons dans toute ces petites ruelles et dans une exposition d’objets design par des artistes locaux. Au passage, nous visitons les principales églises de la ville. .Je recommande en particulier son église Saint Nicolas et la crypte où repose les reliques du saint, C’est un modèle de l’architecture romane locale, et la cathédrale St Sabin qui date approximativement de la même période. Ces édifices religieux sont d’une hauteur impressionnante, c’est un modèle religieux que nous ne connaissons pas en France, mais que nous retrouverons tout le long de notre voyage dans les Pouilles. Après ces quelques moments de dévotions culturelles, nous terminons dans un restaurant de poissons et autres spécialités locales, où notre cure de vin des Pouilles commence bien. A part le fait, que le linge sèche sous de grands abris de plastique, ce qui nous fait soupçonner une météo chancelante à venir, tout est parfait.

Lundi 14 mars

Deuxième jour dans les Pouilles. ça devient Sérieux. Mario de Apulia Bikes tour arrive à 9h avec nos vélos, nos sacoches et le GPS. Aujourd’hui 68 kilomètres annoncés. La météo est prévue correcte jusqu’àu milieu de l’après midi.

Et c’est parti, enfin parti pas très vite, parce qu’il y a eu des travaux sur le front de mer, que nous avons hésité avant de porter nos vélos sur la plage (le vélo c’est un sport complet), que j’ai cassé l’attache du GPS et que c’est moins pratique à lire dans la sacoche que sur le guidon, bref qu’il nous est arrivé toutes les mésaventures qu’un premier jour peut apporter, avec en apothéose une pluie diluvienne pour finir la journée, et une arrivée à 18h à TRANI après 80 kilomètres d’efforts.

Sur le chemin nous avons pique-niqué à Bitonto en nous jurant de ne plus recommencer car il fait vraiment trop froid et humide pour une telle activité. Comme le GPS a terminé sa journée de travail en sortant de Ruvo di Puglia, nous improvisons un trajet pour rejoindre la côte. Nous terminons la journée par six ou sept kilomètres sur le front de mer, sous une pluie battante. Nous ne sommes pas arrêtées pour prendre des photos, pourtant c’était balnéaire et maritime. Pour trouver la chambre d’hote dans la rue Sainte Agata, il nous a fallu nterrogér deux autochtones, et téléphoner à la propriétaire, car dans le dédale des petites rues, le plan que nous avons n’est pas d’une grande précision.

Tout cela, ne refroidit pas notre enthousiasme, la chambre est confortable et bien chauffée, elle n’a qu’un défaut elle est au troisième étage sans ascenseur.

Comme hier, sur le chemin du restaurant nous errons dans les ruelles de Trani, « perle des pouilles ».

Mardi 15 mars

Au programme très peu de kilomètres, mais ça monte jusqu’à Castel del Monte (540m d’altitude). Nous en avons profité pour prendre le temps de visiter Trani à la lueur du jour avant de partir.

Castel del Monte c’est ce chateau utilisé dans le film le nom de la rose, pour figurer la bibliothèque. l’extérieur est conforme à ce que l’on a vu dans le film, quoique un peu plus isolé, l’intérieur est très sobre (pour ne pas dire dépouillé). Frederic Barberousse l’a fait construire en 1240. Il a surtout servi à quelques mariages (celui de la fille de Fréderic par exemple), puis progressivement de prison, puis de carrière, et enfin être classé au site de l’UNESCO en 1996.

Ce matin, le petit déjeuner a été servi dans un bar, c’était frugal (un seul café, le deuxième il a fallu nous le payer), et un croissant à la crème (manifestement la tartine beurrée n’est pas en cours en Italie).

Sur le chemin, nous comprenons pourquoi nous avons un VTC, nous roulons sur de petites routes au milieu des oliviers et sur des chemins de terre, un peu inondés suite au déluge de la veille. Le soir nous dormons et dinons à la campagne dans un relais de charme à deux kilomètres du chateau. Comme nous sommes en cette saison, les seules clientes, le restaurant ouvre le soir spécialement pour nous et c’est délicieux (ah les côtelettes d’agneau panées, suivi d’un moelleux au chocolat, arrosé d’un vin local, je ne vous raconte pas tout mais ça a été un nouveau souvenir gastronomique). En fait, il est difficile de rendre compte de nos activités, mais il faut savoir que dans les Pouilles, les plaisirs de la table sont bien présents, et qu’entre deux coups de pédale nous en profitons largement.

Mercredi 16 mars

Aujourd’hui 52 kilomètres au programme, ce qui est modeste et beaucoup moins que l’annonce du road book qui s’établissait à 72 kilomètres. Comme la météo, ne s’annonce pas brillante, nous ne réclamerons pas de supplément, et nous voilà parties pour Gravina di Puglia.

Aujourd’hui, je pensais après l’ascension de la veille n’avoir que de la descente, mais non, ce sera une alternance de montées et de descentes, un grand passage en plateau bien venté. Nous prenons le temps d’une collation dans une panederia pour arriver à Gravina vers 15h.

Le soir, nous devrons partager la chambre avec les vélos, heureusement elle est suffisamment spacieuse pour nous accueillir tous.

Gravina est une petite ville, en cours de classement UNESCO. Un pont romain pour arriver en ville, Une église troglodyte « St Michel » qu’un guide local nous fait visiter en nous fournissant de confuses explications sur la création de la ville, le rôle de l’association de promotion du patrimoine de Gravina, les massacres par les sarrasins et autres soudards historiques, une magnifique cathédrale qui nous a été finalement ouverte par une gardien avec autant de clés qu’à fort Boyard et commentée par un « professor » francophone, le tout après avoir fait intervenir l’office de tourisme, enfin un restaurant « Osterai la Murgiana » dont nous garderons un souvenir ému.

Tout a commencé par des antipasti servis à profusion (champignons sautés, champignons gratinés au parmesan, oeufs frits aux truffes,,roulade de porc, salade d’artichauts crus, artichauts confits, et je n’ai pas tout noté…) son vin local servi en pichet, ses pâtes au fenouil et ses petits gâteaux aux amandes pour terminer, le tout pour un prix tout à fait concurrentiel et servi par un jeune homme charmant qui nous explique avec des mines de conspirateur enjoué qu’il faut à Rome, faire comme les romains, et ne pas s’inquiéter s’il n’y a pas de carte, et que les pâtes, le chef il a préparé une « toute petite assiette » et que nous n’allons pas regretter. et effectivement nous n’avons pas regretté. Il y a juste eu un moment de flottement quand nous avons demandé une camomille, qui n’est visiblement pas dans le répertoire de la maison. Nous nous sommes rapidement rabattues sur un décaféiné et nous avons retrouvé l’estime du serveur et du chef.

Jeudi 17 mars

Ce matin, ça s’annonce compliqué. L’étape fait 42 kilomètres. Le petit déjeuner est servi dans un café (mais aujourd’hui, le deuxième café est sans supplément), il n’y a pas de pain, mais nous avons réussi à trouver un croissant sans crème. Le problème , c’est surtout qu’il pleut. Il pleut des chats et des chiens comme disent les grands bretons. Bref, nous nous emmitouflons dans tout ce qui est imperméable dans nos valise, nous voilà parti de Gravina.

Sur la route, une petite halte à Altamira et son église néogothique, sa pasticceria en face de l’église avec des gâteaux d’une légèreté à se pamer, mais ses ruelles en pentes transformées en torrent car le déluge n’a pas désarmé. De Altamira à Matera, il n’y a que 20 kilomètres mais je regarde chaque hectomètre défiler sur le GPS avec soulagement car c’est autant de minutes où nous n’aurons plus à nous bagarrer avec le vent et la pluie. Car un fort vent de face s’est mis de la partie dix kilomètres avant l’arrivée, et pour parachever la difficulté la vieille ville de Sassi di Matera, est en hauteur, et cinq kilomètres après l’entrée de la ville.

Qu’à cela ne tienne, à 13h comme prévu, nous arrivons chez Eliana. Nous posons les vélos dans l’entrée, prenons une bonne douche chaude, mettons à sécher nos vêtements aux quatre coins de la chambre qui est heureusement spacieuse et confortable. Ah, l’albero di Eliana, un havre de paix après notre de bagarre avec les éléments déchaînés. Eliana nous indique où déjeuner, où diner, les endroits à visiter les plus remarquables, elle nous laisse disposer de la cuisine pour nous faire du thé. Le bonheur ! suivez le lien : http://alberodieliana.it/index.php/it/

En plus Matera, qui sera capitale européenne de la culture en 2019, est une ville magnifique. C’est un peu escarpé, mais les restaurations effectuées depuis 10 ans ont rendu à la ville son lustre renaissance.

Sassi di Matera (vieille ville de Matera) , c’est la ville du livre « le christ s’est arrêté à Eboli » , la ville de la misère noire du sud de l’Italie jusqu’au année 50. A cette date, la ville a été vidée de ses habitants qui ont été relogés dans des lotissements aux alentours. Puis est venu le temps de la restauration et du tourisme. Maintenant c’est une ville d’hostellerie troglodyte, d’églises restaurées, de palais embellis, on aime s’y perdre, même si le temps humide ne favorise pas forcement la promenade.

Nous avons découvert la purée de fèves (avec de l’huile d’olive) , servi avec un légume vert que nous n’avons pas réussi à identifier. C’est un plat traditionnel des pouilles et après une matinée d’aqua-vélo, c’est un délice roboratif.

 

Vendredi 18 mars

Nous regardons attentivement la météo, parce que l’étape du jour fait 78 kilomètres, et que sous la pluie nous ne sommes pas sures d’y trouver le charme attendu. Quelques ondées sont annoncées, mais globalement la journée s’annonce sèche. Donc, comme nous sommes venus faire du vélo, nous enfilons les cuissards, la goretex, et notre prenons notre courage à deux mains pour cette dernière grande étape Alberobello via Noci, après une petite photo prise par notre hôtesse Eliana.

La campagne est plus verdoyante que jamais, nous parcourons de petites routes ou des chemins agricoles au milieu des arbres fruitiers en fleur, des oliviers toujours verts, des vignes en espaliers, et des petits bois de chênes truffiers. Les trulli plus ou moins agricole parsèment la campagne. C’est tout à fait bucolique. Nous apprécions néanmoins un peu moins pourtant,quand nous traversons une averse de grêle à quelques encablures de Noci. Noci est de nouveau une de ces petites villes avec un centre ville piéton, magnifiquement réaménagé avec de grande dalle au sol. Nous trouvons un restaurant encore disposé à nous servir à plus de 13h30 sur la place de l’église en plein coeur de la vieille ville. Une fois de plus nous sommes les seules clientes en ce tout début de saison. Une fois de plus c’est délicieux.

Entre Noci, et Alberobello il y a 13 kilomètres, nous en parcourrons plus d’une vingtaine, car j’ai oublié de regarder le GPS à un croisement vers la droite. A notre deuxième passage à Noci, Sylvie commence à se méfier et me surveille de prés. Enfin, il est quasiment 17h, et nous voici arrivé.

Alberobello est une ville de Trulli, et on peut se demander comment cette habitation faites pour faire un abri provisoire dans les champs, en est devenu à constituer une ville. Pour ceux qui comme moi ne serait pas familier du « Trullo » (pluriel Trulli), Il s’agit, selon le cas, d’un habitat temporaire ou saisonnier dans les champs ou d’un habitat permanent de petits paysans et d’ouvriers agricoles. Dans le cas d’Alberobello, j’extrais de Wikipédia l’explication suivante : c’est le comte de Conversano, Giangirolamo II Acquaviva d’Aragon, qui fit bâtir en 1635, à côté d’une chapelle au milieu des bois, la villa seigneuriale autour de laquelle vinrent peu à peu s’agglutiner des maisons à trulli. Voulant créer un fief indépendant de la Cour de Naples sans l’autorisation au Roi, il concéda à un groupe de colons le droit de cultiver la terre (en zone franche) et de se construire des habitations, à condition que celles-ci soient réalisées sans l’emploi de mortier de chaux pour être démolies facilement puis remontées. Les trulli n’étaient pas recensés comme habitations légales et les paysans qui les habitaient émargeaient comme habitants du village de Noci voisin, garantissant aux feudataires des avantages tributaires et une occupation plus vaste du territoire.

Comme quoi, tout est toujours affaire d’argent, le résultat est une colline couverte de ces habitations coniques. Maintenant elles sont soit des chambres pour touristes, des artisanats ou des commerces pour les mêmes touristes. C’est très spectaculaire et particulièrement apprécié de nos amis japonais qui viennent en car entier visiter cette curieuse ville.

Samedi 19 mars

Dernier jour de vélo dans les Pouilles, et il fait beau, encore un peu frais, mais le ciel est tellement bleu qu’il est inutile de retoucher les photos. l’étape du jour fait à peine plus de 33 kilomètres et ça descend jusqu’à la mer. Bref, c’est les vacances.

Au passage, nous visitons les grottes de Castellana. Un parcours d’environ 1,5km sous terre, au milieu de stalactites et des stalagmite, terminé par une grotte Blanche particulièrement belle. Cette visite est totalement déconseillée en été, car il y a tellement de touristes qu’on est obligé de pomper le gaz carbonique dégagé par les groupes d’humains qui se succèdent. La grotte est bien aménagée, et joliment éclairée. on peut regretter que l’office du tourisme local ait mis un peu de temps à s’apercevoir que les visiteurs cherchaient tous à partir avec un morceau de la grotte. Des spectacles sont organisés dans la première salle de la cave, j’imagine que ça doit être très spectaculaire et d’une acoustique réverbérante.

Nous arrivons à Polignano a mare, en milieu d’après midi. je contacte la propriétaire par téléphone, et nous attendons sagement dans un café au bord de la mer. Au bout de 45minutes, nous nous apercevons que nous ne sommes dans le bon café.

Après résolution de cet imbroglio, nous prenons possession de notre chambre (petite), nous retrouvons nos bagages, et Mario reprend les vélos.

Petite promenade en bord de mer et dans les ruelles de la vieille ville avant le diner dans la trattoria Casa Mia . C’est samedi soir, les rues sont bondées de jeunes et de vieux prêts à fêter le printemps (nous sommes la nuit du 19 au 20 mars).

Demain, nous rejoindrons Bari et son aéroport.

Bilan de la semaine

Et voilà les Pouilles à vélo c’est fini pour cette année. je n’ai qu’un regret c’est de n’avoir pas fait cette randonnée deux semaines plus tard, outre que les cieux eussent peut être été plus cléments, nous aurions surtout eu, deux heures de plus de jour dans la fin d’après midi. Mi mars, entre l’horaire d’hiver et le fait que les pouilles soient à l’est de Paris, il fait nuit à 18h- 18H15, et comme c’est à cette heure là que les villes sont les plus animées, c’est parfois un peu frustrant de visiter les villes à la lueur des réverbéres.

Ne surtout pas venir en été, outre qu’il y a un monde digne de la tour Eiffel, il fait une chaleur suffocante.

nos adresses préférées pour le séjour :

Hébergements : à Matera : Albero di Eliana, à Bari : la muraglia, à Castel del Monte : Montegusto B&B (attention c’est le gite le plus proche du chateau, je suppose qu’en saison, ça doit être pris d’assaut), à Alberobello,: Trullidea

Pour les restaurants, nous avons été enthousiasmées par la Cantina à Alberobello, l’osteria de la Murgiana à Gravina, et la plupart des restaurants que nous ont indiqués nos hôtes sur place ou le guide donné par notre voyagiste.

Le transport : Les vélos ont été loués à Apulia Bike Tour, ils étaient robustes, et remarquablement bien réglés, il n’ont eu aucune défaillance et nous ont permis de passer partout sans mettre pied à terre même si parfois la météo et/ou le relief ne nous étaient pas forcement favorables.

L’organisme utilisé au départ de France était « le voyage à vélo » qui commercialise les voyages de Apulia Bike tour. Sur place, nos valises ont voyagé dans la camionnette de Mario. Le GPS nous a indiqué la route du départ des hébergements jusqu’à l’arrivée, et quand nous nous sommes perdues, c’est que je n’ai pas su interpréter les indications, ou que j’ai oublié de le regarder à un moment stratégique.

Ni Sylvie, ni moi même ne parlons italien. Avec un peu d’anglais et beaucoup de bonne volonté on y arrive. En ce début de saison, les italiens sont patients, compréhensifs et très « helpfull ».

Bref, un voyage que je recommande. Le vélo c’est sympa, on a vraiment le temps de profiter du paysage, les villes sont belles, on mange très bien, et les douches sont chaudes.

 

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